Un belvédère et des sentiers accessibles au bois de l’Équerre

par Julie-Anne Perrault

Quand Carl Dalbec a vu sa mère trébucher sur une racine dans un sentier du bois de l’Équerre, il a pris conscience des obstacles auxquels faisaient face les personnes à mobilité réduite. Alors vice-président de la Corporation du bois de l’Équerre, il a pris le dossier en main pour aménager un sentier accessible à tous, raconte Carole Garceau, coordonnatrice, conservation et aménagements du réseau CANOPÉE, l’organisation en charge des opérations du boisé. C’était le premier pas d’une organisation qui allait continuer à prendre en compte les besoins de tous les visiteurs lors de la conception de ses projets.

Le fameux Sentier accessible et ami des aînés (SAADA) a vu le jour en 2016, après plus de deux ans de démarches. Ce sentier de 1,3 km en poussière de pierre compactée comporte maintenant de multiples bancs, des panneaux d’interprétation à hauteur accessible, une table de pique-nique universelle, une toilette chimique accessible, ainsi qu’une signalisation claire pour faciliter l’orientation des visiteurs. 

Dernièrement, pour revitaliser une friche sur son territoire, le Bois de l’Équerre a imaginé un jardin pour pollinisateurs. Cette plantation a pour but d’accroître la diversité végétale et favorise la présence de papillons et d’autres pollinisateurs sur le site. Fleurs des champs, papillons, oiseaux aux mangeoires, nichoirs à hirondelles bicolores et bien d’autres merveilles de la nature se succèdent à travers des sentiers sinueux.

Belvédère du Bois de l'Équerre

Lorsque l’idée du jardin a germé, celle du belvédère n’a pas tardé à suivre afin que tous puissent en profiter – au moins à distance. C’est à cette étape que le programme d’accessibilité des établissements touristiques (PAET) est entré en jeu. Une rampe d’accès et des bancs stratégiquement placés ont été conçus pour donner envie d’observer la nature reprendre ses droits dans cette zone. Le plus grand défi technique a été celui de la balustrade obligatoire à cause de la dénivellation. Comment s’assurer que les usagers en position assise puissent profiter de la vue ? Carole Garceau, biologiste et architecte du paysage de formation, a travaillé fort pour trouver une solution innovante. Elle s’est inspirée d’une pratique aperçue à New York : celle d’un treillis en fils d’acier si fins qu’ils en deviennent presque invisibles à l’œil nu. Comme il était impossible de trouver un fournisseur, le travail a été réalisé à la main, fil par fil, « carrément tricoté, comme si on avait fait du macramé ». Un exploit technique qui pourrait certainement se transformer en bonne pratique en accessibilité !

Grâce à ces multiples aménagements accessibles, chaque semaine, au moins une personne en fauteuil roulant, avec une marchette ou simplement à mobilité réduite a le plaisir de découvrir ce que la nature a à offrir dans ce coin de pays. Cette fréquentation assidue est la plus belle réussite du Bois de l’Équerre, qui continuera certainement à se développer de manière accessible puisqu’un autre tronçon de 350 m de sentier a été accepté au PAET ! Ne l’attendez pas : le boisé a tant à offrir dès maintenant. Vous aurez simplement une raison de plus pour y retourner régulièrement.

Le Bois de l’Équerre

49, rang de l’Équerre 

Laval

450 624-9696

reseaucanopee.org